Dimanche, à la brocante du Carrefour d'Auderghem, j'ai chiné, outre quelques romans et Spirous réliés, les scènes suivantes :
1) Un vendeur d'ouvrages léopoldistes et un chineur se rendent compte que leurs parents respectifs se sont retrouvés secrétaires généraux de la Belgique sous l'occupation. Une folle
conversation s'engage.
2) Un autre vendeur assis dans sa camionnette téléphone à un pote :
- Quel brocante de merde, la prochaine fois, je vais en province!
3) Un type fait de la manche de manière agressive. Il passe de stand en stand et houspille les vendeurs en quémandant une pièce à chaque fois. Une vendeuse lui répond :
- Faudrait d'abord que je vende!
4) Un type passe son temps à caresser tous les chiens qu'il croise et à discuter avec leurs maîtres ou maîtresses.
- Avant j'avais un chien, mais c'est ma femme qui ne veut pas.
5) Un vendeur propose un métier à tisser à un chineur.
- Pour ta femme, ça va l'intéresser.
- Ouais, mais moi, j'ai une femme spéciale : elle aime pas coudre et elle aime pas tricoter.
Quel crétin, comme si c'était inné.
par Baudouin Massart
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Gare de Namur, un matin, en prenant la sortie vers le boulevard du Nord, j'ai assisté à un contrôle de policier "facile".
Quatre gamins, auxquels j'aurais donné entre 12 et 14 ans maximum - pré-ados ou ados -, vivaient un sale moment. Deux flics bâtis comme des armoires à glace ou ayant fait un détour par les
paracommandos zyeutaient leurs papiers. Un seulement dans les faits effectuait le contrôle. L'autre retenait de la main un berger allemand pure race, 60-70 kilos à vue de nez.
Les gamins n'en menaient pas large. Ils affichaient un style "rebelle" que j'aurais volontiers qualifier de "grunge", si cette mode existe encore. Ce qui d'ailleurs est sans doute le cas, les
modes passent et repassent. Mais soit! Pour le moment, les quatre petits rebelles étaient dans leurs petits souliers. Il est vrai que passé 9h, ils auraient sans doute dû être assis sur les bancs
d'une école quelconque. Et puis, j'ai été frappé par leurs tailles ou plutôt leur différence de taille. Alignés contre le mur, ils s'échelonnaient de droite à gauche, comme les frères Daltons. Et
j'ai eu pitié d'eux. Oui, je sais, cette expression révulse certaines personnes. Combien de fois, n'ai-je pas entendu dire : "Je déteste éprouver de la pitié pour quelqu'un". Peut-être est-ce
d'ailleurs pour cela que ce monde est devenu si dur. Sans pitié. Sans compassion. Sans empathie.
Empathie. C'est aussi ce sentiment que j'ai éprouvé en regardant ces quatre petits Daltons, chahutés par deux Lucky Luke patibulaires et se tenant cois devant un féroce Rantanplan. Après sans
doute qu'ils se vanteront auprès de leurs copains et surtout des filles. "Ouais-hé! T't'à'l'heure, on s'est fait contrôlés par les keufs!". Et ils transformeront l'histoire pour en devenir les
héros...
Pas si bêtes que ça les Daltons.
par Baudouin Massart
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Ayant été porté mon vélo pour son entretien annuel et quelques menues réparations, je peux assurer qu'en ce 8 mai 2008, aucun Bruxellois ne semble s'émouvoir de
l'avenir de BHV - qui n'est pas le Bazard de l'Hôtel de Ville de Paris, mais l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pour les Flamands, il faut scinder cet arrondissement pour qu'il ne
soit plus possible pour des francophones habitant en Flandre de voter pour des partis francophones - c'est du moins ce que j'ai compris, mais je peux me tromper. Pour les francophones, c'est
hors de question.
Bref, on est au bord de la crise gouvernementale, du clash communautaire, et surtout - ce qui est dommageable pour la démocratie - les politiques sont de moins en moins pris au sérieux. Il
ne faut rien de plus pour alimenter le poujadisme latant qui mine la chose politique. Je souhaite d'ailleurs une nuit exécrable à nos parlementaires, car ils semblent prêts à discuter
jusqu'à l'aube.
Pendant ce temps, des familles sont expulsées de leurs maisons pour cause de non-payement de loyers (et de surendettemment), des sans-papiers sont expulsés du pays, des SDF crèvent de faim et de
soif dans la rue, des gens perdent leur emploi, des femmes sont victimes de violences conjugales...
Bref, en ce 8 mai 2008, il n'y a aucune émeute dans nos rues, les gens vaquent à leurs occupations, profitent du soleil et de la vie, se préparent à quitter le boulot pour certains, à aller
récupérer les enfants à la sortie de l'école, à aller faire des courses, à s'occuper de leurs urgences quotidiennes... Et on les comprend.
par Baudouin Massart
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Avec le printemps est revenu le temps des brocantes. J'adore cette ambiance où l'on a le temps de flâner dans les rues, d'observer les façades
maisons avec tout le recul nécessaire sans se faire klaxonner dessus. Pour moi, c'est l'occasion de
chiner une BD pas cher ; un bon roman dont les pages ont une histoire, tant elles sont encore imprégnées du regard d'un autre lecteur ; un peu de
vaiselle de collection ; un tableau représentant un intérieur qui n'existe plus dans la réalité depuis 30 ans... On recycle, on marchande...
- Combien la bassine émaillée?
- 12 euros.
Ailleurs, j'en ai trouvé pour 8 euros. Ce n'est même pas la peine de discuter.
- Non merci, bonne brocante.
Plus loin.
- Combien la BD?
- 5!
- 4?
- D'accord.
Je suis content, le vendeur aussi.
Les règles de la brocante sont simples : il y a toujours un acheteur qui sera prêt à mettre le prix pour un objet en vente. Il faut juste que la rencontre se fasse.
par Baudouin Massart
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