Vendredi soir, au supermarché, mes achats empaquetés, je me dirigeais doucettement vers la sortie, quand une conversation capta mon attention.
Deux papys papotaient sur un banc mis à disposition dans l'allée menant vers l'extérieur.
- Dire qu'on a travaillé toute sa vie.
- Hé ouais!
- Et qu'on doit encore payer.
- Hé ouais!
Par analogie, le banc me fit penser à un banc public que je transposai mentalement dans un parc public.
Qu'était donc venu faire là ce banc?
Pourquoi était-il venu s'installer dans une entreprise privée?
N'aurait-il pas été mieux dans un parc public à accueillir ces deux vieillards au milieu de verdure?
En fait de verdure, je me suis dit que le rayon fruits et légumes s'y était substitué en lieu et place.
Et le marchand de glaces? Au rayon surgélé!
Et le marchand de gauffres? Au rayon biscuits et pâtisseries.
Et le kiosque à journaux? A l'espace journaux.
Et la fanfare qui jouait il y a bien longtemps sous ce parapluie de métal dont l'utilité n'est aujourd'hui plus que patrimoniale? Au rayon musique.
Par analogie, en regardant ce banc, j'y ai vu une illustration de la privatisation de l'espace public.
par Baudouin Massart
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Quelque part dans le Nord,
quelque part aux alentours du Nouvel an,
nous nous en étions aller séjourner sur la Côte d'Opale,
entre Boulogne et Calais.
Et là, sur la route menant de Wissant à Calais,
sur la D 940,
peu après le Cap Blanc-Nez,
la départementale se transforme en une enfilade urbaine :
Sangatte, Coquelles, Blériot-Plage... Calais.
Pas de vrai rupture entre ces agglomérations.
Un continuum urbain avec quelques maigres trottoirs, des piétons disparates et une certaine inanimation.
Le froid, l'hiver sans doute en sont la cause.
Et là, sur la route menant de Wissant à Calais,
entre Sangatte et Calais,
j'ai repensé au livre de Pierre Adam "A l'abri de rien".
Je me suis mis à chercher du regard ces réfugiés qui erraient dans l'attente d'un passage en douce vers la Grande-Bretagne.
Puis je me suis rappelé que le jour on n'était pas censé les voir,
qu'ils se cachaient en attendant le soir.
Qu'en lieu et place d'un passage en douce, c'était souvent une réalité plus dure qui les attendaient.
Pour finir, je les ai vus,
à la télé, un soir.
Calais avait fermé ses abris de nuit,
ils avaient froid,
cherchaient désespérément un refuge pour se protéger du vent encore plus froid.
Je le connaissais bien ce vent.
Je l'avais subi une bonne partie de la journée en plein soleil.
Et déjà j'avais froid.
PS : Il s'agit d'Olivier Adam et non de Pierre Adam, mea culpa.
par Baudouin Massart
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Je n'aurais pas dû m'acheter un sandwich ce midi.
En passant devant le petit restaurant espagnol "Léonor", avenue de la Porte de Hal, le menu du jour m'a nargué d'un :
Chaussons au thon sur salade
Poulet sur gambas
8 euros
Ou 8,5 euros, je ne sais plus. Tout à ma frustration, j'ai sans doute gommé du regard ces 50 eurocentimes.
Comme ai-je pu rater un tel repas aussi peu cher?
Car l'adresse vaut le détour. La nourriture est de qualité et le vin espagnol est parfait.
Tant pis. Je me contenterai de mon sandwich.
Mais je reviendrai.
Et me vengerai.
A moi les fritures d'anchois,
poulpes à la galicienne,
calamars à l'encre,
palourdes sauce vert,
aubergines
piquillos farcis de poissons sur crème de crustacés,
tortilla de patatas,
patatas bravas,
setas al ajillo,
par Baudouin Massart
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