Mercredi 7 novembre 2007
Au milieu d'une cité-jardin, attiré par un bruit peu commun au milieu urbain, j'ai découvert ce champ qu'un tracteur labourait allégrement.

Gare-Justice-040.jpg
par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Mercredi 31 octobre 2007
DSCN3300.JPGC'est ici, sur ces marches, que le poête Charles  Baudelaire perdit connaissance. Lui  qui avait tant traîné la Belgique dans la boue - ou plutôt dans la merde - était pourtant tombé amoureux de l'église Saint-Loup, sise rue du Collège à Namur.  Il fut rappatrié à Paris pour y  mourir de la syphilis. "Amer savoir celui qu'on tire du voyage...".  Tu parles, Charles!
par Baudouin Massart publié dans : Autres villes
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Mercredi 10 octobre 2007
Le parapluie à la main, le canal à ma gauche, j'arpente le mince trottoir qui longe un long mur de briques rouges fânées par les ans. Les piétons sont rares et on les comprend. Sous la pluie, la voiture est reine. L'odeur du pavé mouillé domine. Parfois, un relent de pollution vient gâcher son fumet. Mais aujourd'hui, c'est un parfum bien plus chatoyant qui est venue me titiller les narines. Il me fallut quelque temps pour l'identifier cette odeur douce-amère. Le subtil parfum de la bière en fermentation, et pas n'importe lequel... celui de la gueuze.
L'image a rapidement suivi. Surgissant à ma droite, une cour de brasserie occupée par deux dizaines de tonneaux m'a invité à entrer. Je me suis laissé tenter. Il me fallait immortaliser ce monde industriel en voie de DSCN3235.JPGdisparition. Après avoir pris une dizaine de photos sous tous les angles, ça n'a pas raté, quelqu'un m'a interpellé :
- Hé! VOUS Là?!
Du fond sa cour couverte, il a commencé à marcher vers moi. Une centaine de mètres nous séparait. Je l'ai salué et laissé venir.
- QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ?
Il avait parcouru la moitié du chemin. J'ai fait quelque pas dans sa direction. Rien à me reprocher, rien à craindre, si ce n'était de me faire refouler, de m'entendre dire que je n'avais rien à faire là. Nous nous sommes rencontrés. Son ton s'est adouci.
- Je peux vous aider? Vous cherchez quelque chose?
- Non. Je passais. Je suis journaliste. J'allais interviewer les personnes qui occcupent la partie du bâtiment plus loin. On m'a appris que la brasserie allait fermer l'année prochaine. Alors je fais des photos avant que cela ne disparaisse.
- Ah bon! Ca va fermer? C'est possible. Vous savez, nous les ouvriers, on ne nous dit rien.
La gaffe. Dans la Grèce antique, les porteurs de mauvaises nouvelles étaient mis à mort. Et à Bruxelles, on fait quoi? On les jette dans le canal? Dans mon cas, il suffit de traverser la route. Je rectifie comme je peux. En tout cas, c'est ce qu'on m'a dit pour ces bâtiments là-bas.
- Ah oui! Ceux-là! Ca, c'est possible. Ici, on fait toujours le processus de fermentation, tout le reste a été délocalisé.
- C'est sympa tout ces tonneaux.
- Ici, c'est rien. Il y en a encore bien plus à l'intérieur. Avant, il y avait 43 ouvriers.
- Et aujourd'hui?
- Ha-ha! On est plus que deux! Et avant je travaillais sur un site à Woluwe-Saint-Pierre.
- Ah!? Je ne savais pas que Belle-Vue avait un site à Woluwe.
- Ouais, mais maintenant, c'est fermé. C'est pour ça que je suis ici. C'est dur. Il faut se battre. Moi je suis délégué syndical. Maintenant, Belle-Vue, c'est Inbev. J'ai commencé à bosser à 19 ans pour Belle-Vue. Mon père y aDSCN3240.JPG aussi bossé.
Il me raconte l'histoire de sa vie : les rapports conflictuels entre patron et ouvrier ; qu'il ne craint rien parce qu'il est un ouvrier irréprochable qui sait s'adapter comme le précise son évaluation ; comment il a dû se battre pour pouvoir conserver des horaires de travail convenables pour pouvoir aller chercher ses trois enfants à l'école ; que l'aîné de ses enfants s'est déjà fait renverser par une voiture sur le chemin de l'école, alors les plus jeunes...
Je pensais me contenter de photographier une entreprise en voie de disparition. Je ne pensais pas rencontrer un homme dont l'emploi risque de disparaître. Que lui arrivera-t-il si même le processus de fermentation est délocalisé?
Notre conversation dure depuis vingt minutes? Une demi-heure? Avant de partir, j'aimerais pouvoir lui serrer la main. C'est tout ce que je peux faire. Tendre la main. Saluer cet homme à la merci des rachats et autres délocalisations.
Quand je sens arriver la fin de la discussion, je lui glisse un exemplaire de ma revue. Il me remercie.
- Comme ça, j'ai vos coordonnées. Si un jour ils ferment, je viendrai vous raconter.
Je lui tends la main, lui donne mon prénom, il la prend et me donne le sien en retour.
Nous nous quittons sur un sourire, malgré ce ciel qui pleure.
par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Vendredi 5 octobre 2007
Les marchés ont un goût de voyage. Avec leurs odeurs, leurs produits  d'ailleurs, les personnes qui les fréquentent.

Un de mes préférés fait partie des ventres de Bruxelles. Situé Anderlecht, dans le quartier de Cureghem, le marché des abattoirs est le seul marché bruxellois qui appartiennent à une société privé. C'est aussi le plus DSCN3194.JPGvaste, avec ses gigantesques halles, où l'on trouve fruits, légumes, poissons, bonbons, biscuits, charcuterie, viandes en gros, produits ménagers, antiquités, vêtements et j'en passe. Chose qui ne gâche rien, c'est surtout un des moins chers. Pour aller y faire des achats, il faut savoir prendre son courage à deux mains pour affronter la foule. Un sac-à-dos n'est pas de trop pour ramener tous ses achats. Et quand vient l'heure des comptes, on est toujours surpris d'avoir encore autant d'argent.

Sans doute, est-ce pour cela qu'il draine essentiellement une clientèle populaire? On y entend parler arabe, des dialectes africains et de plus en plus de langues slaves. Il est vrai aussi que le quartier de Cureghem souffre de sa réputation. Délaissé des pouvoirs publics, il fait partie des plus pauvres de la région. Pourtant, on y trouve toujours des produits de qualité qui valent largement ceux des autres marchés, quand ils ne les supplantent pas. Il y a aussi de petits trafics ("Cigarettes, cigarettes!") qu'il suffit de dénier d'un hochement de tête.

Incontournable du marché, le bâtiment des bouchers offre un spectacle des plus impressionnants. D'abord, il y a cette odeur de viande qui vous monte au nez, puis le bruit des hachoirs qui vous martèlent les oreilles et enfin laDSCN3197.JPG vision de ces animaux entiers dépiautés pendus à des crocs de bouchers.
par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Lundi 1 octobre 2007
Cela peut paraître étrange, mais il y a, selon moi, des quartiers bruxellois qui ne révèlent leur âme que sous la pluie. Ici, le canal avec une belle vue sur les brasseries Bellevue sises quai du Hainaut, à Molenbeek .
Mais pour combien de temps encore? Rachetées par Inbev, la délocalisation les guette. DSCN3243.JPG
par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Le pas du pérégrin

Historien-journaliste à l'Agence Alter, Baudouin Massart s'intéresse à la ville depuis dix ans. Auteur de nouvelles “noires”, il glane des anecdotes de la vie urbaine au gré de ses pérégrinations et de ses rencontres. Comme on peut le constater sur la photo ci-dessous, le pas du pérégrin est flou. Ce flou volontairement artistique résulte de la vitesse de déplacement du pérégrin qui, poussé dans le dos par l'aventure qui souffle au coin de la rue, n'a d'autre choix que de presser le pas.

Divers2008-015.jpg

Trouvaille

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