Vendredi 28 septembre 2007
Au gré de mes transhumances inter-urbaines, où j'affectionne le train, j'aime arriver en avance pour mes rendez-vous. De ce petit laps de temps - une demi-heure en moyenne -, je profite allégrement pour prendre le pouls de la ville. Je me choisis un troquet, de préférence pas trop standardisé. Un de ceux qui ont une histoire à raconter, qui ont connu les lustres d'antan, qui font fuir les jeunes pour leur côté vieillot, quoi que...
La brasserie de l'Hôtel de Flandre, à Namur, fait partie de ceux-là. Situé juste en face de la gare, l'Hôtel de Flandre a vu naître, selon un principe typiquement surréaliste belge, le Rassemblement wallon.
Ce matin, je m'y suis assis le temps pour commander un café. Seul client - ou presque -, j'ai pris le temps de regarder les passants se précipiter vers leurs obligations matinales : boulot, rendez-vous professionnels, cours de fac, poste, banque, démarches administratives et autres ratons-laveurs.
Regarder passer les gens.
Supporter Johnny qui passe en bloucle sans moufter.
Siroter un café.
Ecouter le serveur offrir son café à la jeune blonde qui vient de rentrer.
Se prendre à rêver que, à moi aussi, on va m'offrir mon café...
Ma tasse vidée, je me dirige vers le comptoir.
- Désolé, je ne vous offre pas le café... Mademoiselle, c'est différent.
- Hé oui! Je ne dispose pas de mêmes atouts.
- Quoi que... En y regardant bien...

Malgré cela, j'ai quand même dû le payer ce café.
par Baudouin Massart publié dans : Namur
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Jeudi 27 septembre 2007
Au détour d'une rue bruxelloise, j'ai eu l'impression de changer de ville en un instant, de plonger dans une fissure spatio-temporelle, de m'être égaré dans un moment d'égarement.

Au détour d'une rue bruxelloise, perdue en plein milieu de la cité-jardin du Floréal de Watermael-Boitsfort, j'ai eu le sentiment d'être transporté à 1 000 kilomètres de là.

Il était là, soigneusement garé le long du trottoir. Un Black Taxi comme on en voit à Londres. Un Black Taxi comme j'en ai emprunté quantité à Belfast. Un Black Taxi égaré à Bruxelles.

En même temps, il s'inscrivait à merveille dans le paysage. En effet, quoi de plus normal que de rencontrer un moyen de transport britannique dans une cité-jardin à l'anglaise.

 
par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Mercredi 26 septembre 2007

Reprise (enfin!) de mes Chroniques belfastoires - toujours en guise de suite à "Un été à Belfast" (L'Harmattan). Lisez ou relisez les épisodes précédents.

 

La voiture se faufile tant bien que mal dans les embouteillages et la nuit noire. Elle gagne le quartier universitaire où se trouvent une partie des bureaux du Social Economy Belfast programme. Une perpendiculaire à Botanic Avenue est fermée par une barrière de sécurité. Rachel l'ouvre en tapant son code.

- Cette rue est notre parking. Il y a pas mal de bureaux par ici.

La rue m'avait l'air a priori plutôt résidentielle. Mais bon! Les maisons doivent dater du début du siècle - pas celui-ci, l'autre (le 20e siècle, puisque nous sommes censés être au 21e). Rachel connaît un endroit où le thé et les gâteaux valent le détour. Peu importe l'endroit pour moi. Du moment qu'on soit au chaud.

Le salon s'avère des plus accueillant. La clientèle semble majoritairement estudiantine, le personnel asiatique. Après avoir passé commande au bar, nous nous choisissons une table. Rachel sort plusieurs documents de son sac et entreprend de m'expliquer la situation de l'économie sociale en Irlande du Nord.

 

800 entreprises d'économie sociale

En 2004, l'Irlande du Nord comptait 800 entreprises d'économie sociale, dont 170 à Belfast. Celles-ci étaient, bien entendu, à différents stades de développement. La plupart se trouve implantée dans des zones défavorisées et participe au processus de réconciliation des communautés. A Belfast, elles sont principalement actives dans le secteur des services de proximité (formation, éducation, petite enfance), le secteur du social et de la santé, le secteur de la culture et les cafés communautaires.
La mission du Social Economy Belfast Programme consiste à former les personnes avant qu'elles ne lancent leur entreprise, à exercer un rôle de mentor, à favoriser l'échange de bonnes pratiques ou encore à développer les réseaux. « Toutefois, le mentoring représente la part la plus importante de notre activité, m'explique Rachel. Le mentor peut aider l'entrepreneur social à travers les différentes phases de son projet : plan stratégique, plan marketing, recherche de financeurs, etc. »


Succes stories

Il semble que cette approche porte ses fruits, car le secteur connaît plus d'une success story. Ainsi, le Farset International est un hôtel construit dans le quartier ouest de la ville en 2003, sur une interface qui a été témoin par le passé d'affrontements entre Catholiques et Protestants. L'hôtel compte 38 chambres et met à disposition des salles de réunions et de conférences pour des groupes locaux et internationaux. Une bonne partie des invités de Banlieues d'Europe y logera d'ailleurs pour les deux nuits à venir. Cet hôtel vise à offrir des opportunités d'emploi aux habitants d'un quartier où le taux de chômage est élevé. La présence des touristes entraîne aussi des retombées économiques pour les commerces locaux.
Non loin d'ici, le Common Grounds Café a pris place dans un quartier où des tensions ont souvent opposés habitants et étudiants. Depuis septembre 2004, ce café communautaire favorisent la rencontre des habitants et des étudiants. Les bénéfices servent à financer des projets dans les pays du Tiers-Monde.
Et la liste ne s'arrête pas là...

Incertitudes pour le futur

L'efficacité de cet accompagnement à la création d'entreprises d'économie social pourrait ne plus être aussi bien assuré. « Avec le début de la nouvelle programmation 2007-2013, les fonds de l'Union européenne ont été réduits de manière significative en Irlande du Nord, me dit Rachel. Des 26 organisations de partenariats de stratégie locale (Local Strategy Partnerships), il pourrait bien n'en rester plus que 6 ou 7, beaucoup plus centralisés. En ce moment, elles existent toujours et sont en train de finaliser les payements de la dernière programmation européenne, qui autorise des dépenses jusqu'en 2008. Après, leur futur est plus qu'incertain. »

par Baudouin Massart publié dans : Belfast
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Mardi 25 septembre 2007
Hier, j'écrivais sur une réminiscence hitchockéenne. Aujourd'hui, j'illustre mon propos.

Lille-Saint-Gilles-008.jpg
par Baudouin Massart publié dans : Autres villes
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Lundi 24 septembre 2007
Ce matin, sur le chemin du turbin, je vis une vingtaine de pigeons ayant établi leur quartier sur un toit.
La maison voisine tenant lieu de crèche devait certainement accueillir autant d'enfants.
Que se passera-t-il lorsque l'heure sera venue de quitter ce lieu?
Les oiseaux s'en prendront-il aux chérubins?

par Baudouin Massart publié dans : Autres villes
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Le pas du pérégrin

Historien-journaliste à l'Agence Alter, Baudouin Massart s'intéresse à la ville depuis dix ans. Auteur de nouvelles “noires”, il glane des anecdotes de la vie urbaine au gré de ses pérégrinations et de ses rencontres. Comme on peut le constater sur la photo ci-dessous, le pas du pérégrin est flou. Ce flou volontairement artistique résulte de la vitesse de déplacement du pérégrin qui, poussé dans le dos par l'aventure qui souffle au coin de la rue, n'a d'autre choix que de presser le pas.

Divers2008-015.jpg

Trouvaille

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