Dimanche 18 mai 2008

Dimanche, à la brocante du Carrefour d'Auderghem, j'ai chiné, outre quelques romans et Spirous réliés, les scènes suivantes :

1) Un vendeur d'ouvrages léopoldistes et un chineur se rendent compte que leurs parents respectifs se sont retrouvés secrétaires généraux de la Belgique sous l'occupation. Une folle conversation s'engage.

2) Un autre vendeur assis dans sa camionnette téléphone à un pote :
- Quel brocante de merde, la prochaine fois, je vais en province!

3) Un type fait de la manche de manière agressive. Il passe de stand en stand et houspille les vendeurs en quémandant une pièce à chaque fois. Une vendeuse lui répond :
- Faudrait d'abord que je vende!

4) Un type passe son temps à caresser tous les chiens qu'il croise et à discuter avec leurs maîtres ou maîtresses.
- Avant j'avais un chien, mais c'est ma femme qui ne veut pas.

5) Un vendeur propose un métier à tisser à un chineur.
- Pour ta femme, ça va l'intéresser.
- Ouais, mais moi, j'ai une femme spéciale : elle aime pas coudre et elle aime pas tricoter.
Quel crétin, comme si c'était inné.


par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Mercredi 14 mai 2008
Gare de Namur, un matin, en prenant la sortie vers le boulevard du Nord, j'ai assisté à un contrôle de policier "facile".
Quatre gamins, auxquels j'aurais donné entre 12 et 14 ans maximum - pré-ados ou ados -, vivaient un sale moment. Deux flics bâtis comme des armoires à glace ou ayant fait un détour par les paracommandos zyeutaient leurs papiers. Un seulement dans les faits effectuait le contrôle. L'autre retenait de la main un berger allemand pure race, 60-70 kilos à vue de nez.
Les gamins n'en menaient pas large. Ils affichaient un style "rebelle" que j'aurais volontiers qualifier de "grunge", si cette mode existe encore. Ce qui d'ailleurs est sans doute le cas, les modes passent et repassent. Mais soit! Pour le moment, les quatre petits rebelles étaient dans leurs petits souliers. Il est vrai que passé 9h, ils auraient sans doute dû être assis sur les bancs d'une école quelconque. Et puis, j'ai été frappé par leurs tailles ou plutôt leur différence de taille. Alignés contre le mur, ils s'échelonnaient de droite à gauche, comme les frères Daltons. Et j'ai eu pitié d'eux. Oui, je sais, cette expression révulse certaines personnes. Combien de fois, n'ai-je pas entendu dire : "Je déteste éprouver de la pitié pour quelqu'un". Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que ce monde est devenu si dur. Sans pitié. Sans compassion. Sans empathie.
Empathie. C'est aussi ce sentiment que j'ai éprouvé en regardant ces quatre petits Daltons, chahutés par deux Lucky Luke patibulaires et se tenant cois devant un féroce Rantanplan. Après sans doute qu'ils se vanteront auprès de leurs copains et surtout des filles. "Ouais-hé! T't'à'l'heure, on s'est fait contrôlés par les keufs!". Et ils transformeront l'histoire pour en devenir les héros...
Pas si bêtes que ça les Daltons.
par Baudouin Massart publié dans : Namur
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Mardi 13 mai 2008
Derniers jours pour le concours polar RTBF, condamné à disparaître à la rentrée, pour des raisons non-identifiées à l'heure actuelle. Il n'y aura donc plus de "Polar du dimanche", à mon grand regret. Dire que c'est grâce à cette émission que j'ai rencontré un certain Stéphane Laurent.
Je me revois arrivé un samedi matin dans le Théâtre royal de Namur, fort joli bâtiment classique du XIXe siècle. Les couloirs sont déserts ou presque. L'immense salle de réception, où se sont regroupés une dizaine de lauréats et les organisateurs du concours, accentue l'impression de vide. Difficile d'identifier qui est qui. Il y a trop de tables avec une seule personne, trop d'espaces vides ; en plus tout le monde se regarde à la dérobée tout en s'ignorant. Un sentiment de malaise diffus imprègne la pièce décidemment trop grande pour un si petit nombre. Alors c'est ça une remise de prix? Je m'assieds à une table avec les personnes qui m'ont accompagnées. Puis vient la proclamation des lauréats avec une petite mise en scène préalable. Un acteur lit un extrait de chaque nouvelle. Horreur! On va lire un bout de ma nouvelle en public. Mon estomac se contracte. J'ai l'impression que je vais passer un examen oral. Ca doit être cela le tract.
L'extrait lu, tout le monde applaudit - éveillant un faible écho dans la salle - et le lauréat va chercher son prix. Et voilà. c'est fini. Les organisateurs nous invitent à aller prendre un verre au bar, à l'autre bout de la salle, à cent mètres au moins. Trop grande, cette salle. Les lauréats se tâtent, se frôlent. L'un plus franc les aborde. Il s'appelle Stéphane Laurent. Il trouve que les nouvellistes sont trop seuls dans leur coin. Il signale qu'il existe quantité d'autres concours en France, incite les lauréats à y participer, conseille de se méfier de ceux qui exigent des frais astronomiques ou posent des conditions débiles. Le contact passe. On échange nos adresses. C'était en 2001... ou 2002.

Voilà, si vous voulez encore écouter des nouvelles de ce concours en fin de vie sur le net,  profitez-en vite. D'ailleurs, je crois que ce sont aussi les derniers jours pour écouter la mienne : "Mon permis, ma liberté". Si vous découvrez ce message trop tard, écoutez les autres. Le lien est le même.
par Baudouin Massart publié dans : Namur
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Jeudi 8 mai 2008

Ayant été porté mon vélo pour son entretien annuel et quelques menues réparations, je peux assurer qu'en ce 8 mai 2008, aucun Bruxellois ne semble s'émouvoir de l'avenir de BHV - qui n'est pas le Bazard de l'Hôtel de Ville de Paris, mais l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pour les Flamands, il faut scinder cet arrondissement pour qu'il ne soit plus possible pour des francophones habitant en Flandre de voter pour des partis francophones - c'est du moins ce que j'ai compris, mais je peux me tromper. Pour les francophones, c'est hors de question.
Bref, on est au bord de la crise gouvernementale, du clash communautaire, et surtout - ce qui est dommageable pour la démocratie - les politiques sont de moins en moins pris au sérieux. Il ne faut rien de plus pour alimenter le poujadisme latant qui mine la chose politique. Je souhaite d'ailleurs une nuit exécrable à nos parlementaires, car ils semblent prêts à discuter jusqu'à l'aube. 
Pendant ce temps, des familles sont expulsées de leurs maisons pour cause de non-payement de loyers (et de surendettemment), des sans-papiers sont expulsés du pays, des SDF crèvent de faim et de soif dans la rue, des gens perdent leur emploi, des femmes sont victimes de violences conjugales...
Bref, en ce 8 mai 2008, il n'y a aucune émeute dans nos rues, les gens vaquent à leurs occupations, profitent du soleil et de la vie, se préparent à quitter le boulot pour certains, à aller récupérer les enfants à la sortie de l'école, à aller faire des courses, à s'occuper de leurs urgences quotidiennes... Et on les comprend.

par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Jeudi 8 mai 2008
Avec le printemps est revenu le temps des brocantes. J'adore cette ambiance où l'on a le temps de flâner dans les rues, d'observer les façades maisons avec tout le recul nécessaire sans se faire klaxonner dessus. Pour moi, c'est l'occasion de

chiner une BD pas cher ; un bon roman dont les pages ont une histoire, tant elles sont encore imprégnées du regard d'un autre lecteur ; un peu de vaiselle de collection ; un tableau représentant un intérieur qui n'existe plus dans la réalité depuis 30 ans... On recycle, on marchande...
- Combien la bassine émaillée?
- 12 euros.
Ailleurs, j'en ai trouvé pour 8 euros. Ce n'est même pas la peine de discuter.
- Non merci, bonne brocante.
Plus loin.
- Combien la BD?
- 5!
- 4?
- D'accord.
Je suis content, le vendeur aussi.
Les règles de la brocante sont simples : il y a toujours un acheteur qui sera prêt à mettre le prix pour un objet en vente. Il faut juste que la rencontre se fasse.

par Baudouin Massart publié dans : Bruxelles
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Le pas du pérégrin

Historien-journaliste à l'Agence Alter, Baudouin Massart s'intéresse à la ville depuis dix ans. Auteur de nouvelles “noires”, il glane des anecdotes de la vie urbaine au gré de ses pérégrinations et de ses rencontres. Comme on peut le constater sur la photo ci-dessous, le pas du pérégrin est flou. Ce flou volontairement artistique résulte de la vitesse de déplacement du pérégrin qui, poussé dans le dos par l'aventure qui souffle au coin de la rue, n'a d'autre choix que de presser le pas.

Divers2008-015.jpg

Trouvaille

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